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Eden Dubuc : coureur de trail !

20 août 2026 0

Parcours personnel

Comment as-tu découvert le trail ?

J’ai découvert le trail en participant d’abord à des courses thématiques et à des courses à obstacles. 

Comme beaucoup de coureurs, j’ai commencé par de courtes distances avant de me lancer dans des défis plus exigeants.

Avec le temps, l’engouement pour ces courses s’est estompé et plusieurs personnes ont arrêté d’en faire. 

C’est à ce moment-là que mon ami Justin L. m’a fait découvrir les sorties trail des Pélicans au Mont-Royal. 

À l’époque, les sorties étaient organisées par Brigitte C., et j’ai tout de suite accroché à l’esprit du trail. J’y ai découvert une communauté où les gens partagent, s’encouragent et prennent plaisir à courir ensemble. C’est beaucoup plus qu’une simple course : on peut passer des heures à courir, discuter et rire, sans même voir le temps passer. 

Depuis combien de temps guides-tu les sorties du lundi au Mont Royal ?

J’ai rejoint les Pélicans en 2019, après avoir découvert le potentiel des sentiers du Mont-Royal pour la course à pied. 

En 2020, avec la pandémie et l’envie de beaucoup de personnes de pratiquer des activités à l’extérieur, le groupe de trail des Pélicans a connu une forte croissance. Nous avons alors dû créer plusieurs groupes et trouver davantage de leaders.

Au départ, je prenais le relais à l’occasion lorsqu’il manquait quelqu’un pour leader une sortie. C’est finalement en 2021 que j’ai commencé à réellement leader les sorties du lundi de façon plus régulière.

Mon point fort, c’est mon sens de l’orientation et j’ai appris à me repérer naturellement sur la montagne. 

Découvrir le trail

Comment expliquerais-tu le trail à quelqu’un qui n’en a jamais fait ?

Si je compare le trail à la course sur route, je dirais que la plus grande différence, c’est le sentiment de liberté. En trail, le chrono et la vitesse ne sont pas les priorités. Il y a tellement de facteurs qui influencent une course en trail qu’on apprend à ralentir, à profiter du moment et à apprécier la nature qui nous entoure. Il vaut mieux regarder où l’on met les pieds… sinon on risque de trébucher ! 

Le trail est tout sauf monotone : les paysages, le terrain et les défis évoluent constamment, au fil du parcours comme au fil des saisons. 

Est-ce qu’il faut être un “grand coureur” pour commencer le trail ?

Au contraire ! Le trail est une excellente façon d’apprendre à écouter son corps. On alterne entre la marche et la course, on s’adapte au terrain et on avance à son propre rythme.

C’est certain qu’au début, après chaque sortie, tu découvriras que certains de tes muscles n’avaient jamais autant travaillé auparavant.

Avec les Pélicans, il existe plusieurs groupes adaptés à différents besoins. Le mieux est de commencer en rejoignant un groupe qui propose des sorties plus courtes avec davantage de pauses (1h allure régulière). Ensuite, si tu en veux plus, tu pourras progressivement rejoindre d’autres groupes (1h30 allure régulière ou 1h30 allure plus rapide).

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut essayer le trail pour la première fois ?

Le mot clé, c’est d’y aller mollo. L’idée est de prendre le temps de s’intégrer au groupe des Pélicans pour avoir du plaisir et échanger des conseils avec les autres coureurs.

Il faut également laisser son orgueil à la maison. Le trail, c’est un sport où on risque de se salir et de transpirer.

Qu’aimerais-tu que les gens retiennent après leur première sortie ?

Le plaisir d’avoir bougé tout en échangeant avec les autres. Le sentiment de liberté et de connexion avec la nature, mais aussi l’importance de progresser à son propre rythme. Et surtout, l’envie d’y retourner.

Comment découvrir pleinement le trail ?

À part courir avec les Pélicans, je pense que s’impliquer bénévolement dans des événements de trail est un vrai « must ». Ça permet de découvrir les coulisses de l’organisation, de comprendre les défis de la préparation d’une course de trail, mais aussi de rencontrer des personnes aux parcours très variés.

On comprend alors pleinement l’esprit du trail : on est autant fier de participer aux courses que d’aider les autres à se dépasser.

Équipement

Quel équipement est vraiment essentiel pour commencer ?

Pour commencer, il faut avant tout une bonne paire de souliers de trail (avec du mordant). Nous ne sommes pas tous faits pareil, donc l’idéal est de débuter avec un modèle de milieu de gamme.

Ensuite, en fonction de votre ressenti et des conseils des autres coureurs, vous pourrez essayer différents modèles. Il est assez rare que la toute première paire soit celle qui vous accompagnera toute votre vie de coureur.

As-tu un “must have” sans lequel tu ne pars jamais en sortie trail ?

À part mes souliers, un sac à dos est indispensable. J’ai été pompier pendant 12 ans et j’ai appris qu’il vaut mieux être trop équipé plutôt que de manquer de quelque chose.

Dans mon sac, il y a toujours de l’hydratation, de la nourriture et une petite trousse de premiers soins dans un sac zip-lock. Après chaque sortie, je réorganise mon matériel rapidement pour être toujours prêt à repartir.

Est-ce que ça coûte cher le trail ?

À la base, c’est l’un des sports les moins dispendieux. Une paire de souliers et hop, on peut courir dans des groupes comme les sorties du lundi avec les Pélicans.

Cela dit, les coûts peuvent augmenter rapidement avec de l’équipement plus performant, les inscriptions à des événements et le voyagement mais ce sont des choix de vie !

Dans mon cas, je préfère une fin de semaine au QMT ou à l’UTHC entre amis plutôt qu’un voyage dans une grande ville avec des restaurants chics. J’investis dans ma santé.

Sécurité et bonnes pratiques

Quels comportements sont importants pour courir en groupe en sentier ?

Pour moi, courir en groupe, c’est avant tout penser aux autres.  On s’assure que personne ne se perde ou ne soit laissé derrière. Si on est plus rapide, on peut faire des boucles pour revenir se placer derrière le dernier coureur.

En sentier, il est aussi important de laisser suffisamment d’espace entre les coureurs pour que chacun puisse choisir sa trajectoire et franchir les obstacles en toute sécurité.

Un bon groupe, c’est un groupe où tout le monde revient avec le sourire et plein de photos.

Que faire si on se sent moins en forme pendant une sortie ?

Il faut toujours écouter son corps. C’est normal, tout le monde traverse des périodes avec de meilleures ou de moins bonnes semaines.

Le plus important est d’en parler avec les leaders et les fermeurs de groupe, qui pourront s’ajuster en conséquence. 

Parfois, il suffit simplement d’un peu plus d’hydratation, de glucides ou d’une tape dans le dos… Et dans ces cas-là, je sors un produit Brix de mon sac à dos.

Comment gérer la météo ou les conditions plus difficiles ?

Pour la chaleur comme pour le froid, l’idée est de s’habiller en multicouches. Et surtout, mieux vaut prévoir un peu trop de vêtements que pas assez.

Si on a trop chaud, on peut toujours enlever une couche et la ranger dans son sac à dos. À l’inverse, ne pas être assez couvert peut mener à de l’inconfort, à avoir des engelures ou à tomber malade. En hiver, j’aime aussi avoir une deuxième paire de mitaines au cas où.

Je suis d’avis qu’on peut courir dans toutes les conditions, et ce, même au Québec avec nos extrêmes climatiques. On est des coureurs des bois !

Entraînement et progression

Est-ce que le trail aide à devenir un meilleur coureur sur route aussi ?

Oui, parce qu’en trail, on utilise davantage les muscles stabilisateurs, puisqu’il faut constamment s’adapter aux roches, aux racines, aux montées et aux descentes. 

Résultat : quand on revient courir sur route, on se sent souvent plus solide, plus stable et plus efficace dans sa foulée, sa poussée et son endurance.

Les sorties trail étant généralement plus longues, on apprend aussi à mieux gérer son hydratation et son alimentation.

Quels bénéfices physiques et mental le trail apporte-t-il ?

Je travaille beaucoup derrière un ordinateur, et dans le passé j’ai souffert de fortes migraines liées à la position statique de mon travail. Le sport m’a toujours aidé, mais les activités plus intenses m’apportaient parfois aussi d’autres déséquilibres physiques et mentaux.

Le trail, lui, a été une solution plus complète. On y travaille l’ensemble du corps dans un environnement de liberté et de plein air.

Depuis que j’ai compris les bienfaits de la course en trail, je l’ai intégrée à ma routine et mes migraines ont presque disparues. 

À quelle fréquence recommandes-tu d’intégrer du trail dans son entraînement ?

Nous avons tous des horaires différents et des contraintes variées. Si l’objectif est de trouver un bien-être physique et mental, je dirais qu’une fois par semaine suffit.

Ce n’est pas la quantité qui compte, mais plutôt la régularité. Alors je dirais : tous les lundis avec les Pélicans.

Quel est la progression typique d’un coureur de trail ?

La tendance est qu’un jeune adulte commence souvent par la randonnée, en prenant le temps d’apprivoiser la nature. 

Puis, au cœur de la vie adulte, on pratique davantage, avec des sorties plus fréquentes, plus rapides et plus longues, avec l’envie de découvrir davantage.

Enfin, lorsque nous sommes bien installés dans la vie, on rejoint des groupes de course trail et des événements où l’on se retrouve autour de valeurs communes.

De ces rencontres et des amitiés qui se créent avec le temps naissent de très beaux groupes de randonnée et de trail, unis par les mêmes valeurs.

Les préférences d’Eden

Montée ou descente ?

Descente : c’est ma force de trouver la ligne de centre de masse en fonction des points d’appuis. 

Boue ou neige ?

La neige : c’est tellement le fun de se lancer dans une descente de sentier quand il vient juste de tomber 30cm.

Racines ou roches ? 

Racines : elles me surprennent moins car sont moins glissantes et causent moins d’impacts sur le corps.

Bâtons ou pas de bâtons ? 

Presque toujours avec des bâtons, sauf sur les routes pavées !

Avec mon handicap à la cheville gauche, ils m’aident à rester stable et droit.

Avec le temps, j’ai appris différentes techniques pour les montées, les descentes et le plat. Je planifie d’ailleurs de faire une petite formation pour tous ceux qui veulent en apprendre davantage.

Courir avec des bas mouillés ou du gravier dans la chaussure ? 

Bas mouillé :  mais si possible ni un ni l’autre. Tout est une question de technique et d’équipement pour éviter que ça arrive.

Écouter la nature ou courir avec de la musique ?

Je ne cours pas avec de la musique en trail. L’équilibre passe en partie par les bruits qui nous entourent.

Dans les sentiers « single track », il faut également rester attentif aux autres coureurs et aux animaux.

Voir un chevreuil ou une vue incroyable ? 

Les deux : j’adore la diversité qu’on peut retrouver dans la nature. Voir un cerf, un renard, une chouette ou encore des tamias rayés dans la forêt, autant que profiter d’une vue dégagée du haut d’un sommet ou sur un lac.

Le plaisir, c’est justement que le parcours soit varié, comme dans un bon film.

Se perdre un peu ou refaire toujours le même parcours ? 

J’adore découvrir de nouveaux sentiers et partir explorer de nouvelles régions. Mais comme plusieurs le savent, je suis aussi très organisé, avec mes fichiers Excel et ma préparation de cartes.

Donc c’est assez rare que je me perde complètement !

Maëlane Marin
Maëlane Marin